Comment mesure-t-on la composition corporelle ?
Il existe plusieurs méthodes pour estimer la composition corporelle. Laquelle est la « meilleure » ? Certaines sont rapides et peu coûteuses, mais ne fournissent que des informations de base. D’autres sont plus précises, mais généralement beaucoup plus onéreuses et chronophages.
Dans cet article, nous présentons un bref aperçu de plusieurs méthodes généralement accessibles au grand public ou aux professionnels de santé pour l'évaluation de la masse grasse et d'autres composantes de la composition corporelle.
Poids/Taille

L'indice de masse corporelle (IMC) combine le poids et la taille, ce qui permet de normaliser le poids sans tenir compte des différences de taille. L'IMC est généralement classé en cinq catégories : « faible », « normal », « surpoids » et « obésité ». Son utilisation étant ancienne, de nombreuses données de référence nationales permettent de contextualiser les résultats. Cependant, comme l'IMC ne fait pas la distinction entre masse musculaire et masse grasse, il est moins pertinent pour estimer le niveau de masse grasse, notamment chez les personnes très musclées.
Tour de taille-hanches

Le tour de taille (surtout comparé au tour de hanches) est utilisé comme indicateur de la graisse viscérale autour des organes internes (une plus grande quantité de graisse se traduisant généralement par un tour de taille plus important), laquelle est fortement corrélée aux maladies liées à l'obésité. Cette méthode est imparfaite, notamment parce qu'elle inclut également la graisse sous-cutanée, mais elle reste utile en l'absence d'outils plus précis.
pince à plis cutanés

La mesure des plis cutanés est l'une des méthodes les plus simples pour estimer la masse grasse. Elle consiste à pincer la peau et le tissu adipeux sous-cutané en plusieurs points précis (généralement de 3 à 7) du corps et à calculer l'épaisseur mesurée. Bien que l'appareil soit peu coûteux, son utilisation peut s'avérer peu pratique car il faut effectuer des mesures à plusieurs endroits et suivre une formation pour maîtriser son utilisation. Une personne inexpérimentée risque en effet d'obtenir des résultats nettement moins précis.
La précision est généralement limitée aux sujets minces ou présentant une obésité modérée, car il devient beaucoup plus difficile de saisir et de maintenir un pli cutané important tout en lisant l'indicateur. De plus, la plupart des données de référence nationales ne tiennent pas compte des personnes de forte corpulence.
Densité corporelle (pesée sous-marine, déplacement d'air)

La pesée sous-marine repose sur le principe d'Archimède, selon lequel le volume de liquide déplacé par un objet immergé est égal à son propre volume. En mesurant votre poids sur terre puis sous l'eau, vous pouvez ainsi calculer votre densité corporelle. La graisse étant plus légère que les muscles et les os, un poids sous-marin relativement élevé par rapport à votre poids terrestre indique un faible pourcentage de masse grasse.
L'une des difficultés liées à la pesée sous-marine (également appelée « pesée hydrostatique ») est que, puisqu'elle nécessite une immersion complète et répétée sous l'eau, elle peut s'avérer particulièrement difficile pour les enfants ou les personnes obèses.

Un autre appareil très similaire est le pléthysmographe à déplacement d'air (PDA). Le déplacement d'air fonctionne selon un principe très proche de celui de la pesée hydrostatique (le calcul se fait à partir du volume d'air déplacé plutôt que du volume d'eau déplacé), mais comme le sujet n'a pas besoin de retenir sa respiration, il est généralement plus facile à utiliser.
Absorptiométrie à rayons X à double énergie (DXA)

L'absorptiométrie biphotonique à rayons X (DXA) utilise les rayons X pour créer une image détaillée du corps et des algorithmes pour calculer la densité osseuse, la masse musculaire, la masse grasse et d'autres paramètres de la composition corporelle. Un examen complet dure environ 15 minutes et expose le sujet à une faible dose de radiations. La DXA est généralement considérée comme la méthode de référence par rapport à l'analyse d'impédance bioélectrique (BIA), car elle est relativement simple d'utilisation et fournit de nombreuses mesures.
Analyse d'impédance bioélectrique (BIA)

Les appareils d'analyse d'impédance bioélectrique (BIA), comme l'analyseur de composition corporelle Charder MA801 (illustré), envoient un courant électrique imperceptible à travers le corps pour mesurer son impédance bioélectrique et calculer la composition corporelle en conséquence. Le principe de base repose sur le fait que les résultats d'impédance varient selon le type de tissu corporel, en raison de sa conductivité. Par exemple, la graisse est un conducteur d'électricité relativement faible comparée au muscle (riche en eau), ce qui permet à un appareil BIA de faire la distinction entre les deux. La précision pouvant varier considérablement selon la marque, il est essentiel de valider les mesures par comparaison avec des méthodes de référence et de poursuivre la recherche et l'amélioration des algorithmes. Les résultats sont disponibles en moins d'une minute et l'appareil est sans effets secondaires.
Comme vous pouvez le constater d'après les différentes méthodes mentionnées ci-dessus, il n'existe pas d'outil « idéal » pour évaluer la composition corporelle. La solution la plus adaptée dépendra de votre budget, de vos besoins, du niveau de précision souhaité et d'autres facteurs.

